Je vais vous expliquer comment j'ai structuré une stratégie d'épargne hybride pour sécuriser l'équivalent de six mois de revenus. L'idée est simple : combiner la sécurité et la liquidité des livrets, le rendement et la diversification des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) et le potentiel de rendement — avec des précautions — des stablecoins pour optimiser le rendement global sans sacrifier l'accessibilité de mon épargne en cas de besoin.
Pourquoi une approche hybride ?
J'ai choisi cette voie parce qu'aucun produit financier n'est parfait. Les livrets (Livret A, LDDS, voire les livrets bancaires rémunérés) offrent une sécurité et une disponibilité immédiate mais des taux faibles. Les SCPI donnent un rendement immobilier potentiel supérieur, mais la liquidité est moindre et les frais existent. Les stablecoins (comme USDC, USDT — en connaissance des risques) peuvent offrir des rendements attractifs via les plateformes de staking ou de lending, mais ils portent des risques spécifiques liés à la technologie, à la plateforme et à la réglementation.
En combinant ces trois piliers, je cherche à :
Étape 1 — Calculer six mois de revenus
Commencez par définir clairement votre besoin : six mois de revenus nets ou bruts, incluant ou non les charges fixes (loyer, crédits, alimentation, assurances). Pour ma part, j'ai pris mes dépenses fixes et variables mensuelles et appliqué un coefficient sécurité (10 %). Exemple :
| Dépense mensuelle moyenne | 2 500 € |
| Six mois | 15 000 € |
| Buffer +10% | 1 500 € |
| Montant cible | 16 500 € |
Ce montant est la base pour construire l'épargne de précaution. À partir de là, j'ai défini une répartition adaptée à ma tolérance au risque et à mon besoin de liquidité.
Étape 2 — Répartition recommandée (ma mise en pratique)
Voici la répartition que j'ai adoptée pour sécuriser six mois de revenus — elle n'est pas universelle, adaptez-la selon votre situation :
Sur mon exemple de 16 500 € :
| Livret (40 %) | 6 600 € |
| SCPI (40 %) | 6 600 € |
| Stablecoins (20 %) | 3 300 € |
Livret : lequel et comment l'utiliser ?
J'utilise d'abord le Livret A (ou le LDDS si votre plafond est atteint) pour sa sécurité et sa disponibilité. Ensuite, pour les sommes au-delà du plafond du Livret A, j'explore les livrets rémunérés proposés par les banques en ligne (ex : Boursorama, ING quand elles proposaient, ou Hello bank), ou les livrets à terme court.
Points pratiques :
SCPI : rendement, risques et liquidité
Les SCPI restent pour moi un excellent moyen d'obtenir un rendement immobilier sans gérer directement les locataires. J'ai choisi :
Attention aux points suivants :
Stablecoins : rendement élevé, vigilance maximale
Les stablecoins (USDC, USDT, DAI) servent à capter des rendements via le staking ou le lending sur des plateformes centralisées (ex : Binance, Kraken, Coinbase) ou décentralisées (protocoles DeFi). J'ai alloué une part limitée (20 %) parce que :
Mes règles personnelles :
Questions pratiques que l'on se pose souvent
Combien de temps pour constituer cette réserve ? Pour moi, j'ai automatisé des versements mensuels vers chaque enveloppe : 50 % vers le livret jusqu'au plafond, 30 % vers la SCPI (via achat progressif), 20 % vers les stablecoins pour profiter des taux actuels. Selon votre capacité d'épargne, cela peut prendre de trois mois à deux ans.
Que faire si j'ai besoin d'argent rapidement ? Les livrets passent en premier. Ensuite, je revend un petit nombre de parts SCPI si nécessaire (en anticipant les délais), et en dernier recours je débloque les stablecoins — en gardant en tête les temps de retrait selon la plateforme.
La fiscalité ? Les intérêts de livrets réglementés (Livret A, LDDS) sont exonérés. Les revenus SCPI sont imposables au barème + prélèvements sociaux si détenues en direct ; en assurance-vie, la fiscalité peut être plus avantageuse. Les gains issus des stablecoins, selon leur nature et les revenus générés, seront soumis à la fiscalité des crypto-actifs (PFU/flat tax) ou des revenus mobiliers selon le cas. Consultez votre conseiller fiscal pour adapter.
Suivi et rééquilibrage
J'ai mis en place un suivi trimestriel : je vérifie la valeur des parts SCPI, l'évolution des salaires et dépenses, et les rendements des stablecoins. Si une allocation a trop bougé (ex : SCPI passe à 50 % de l'enveloppe), je rééquilibre en transférant vers les livrets ou en vendant une petite partie de la SCPI selon les conditions de marché.
En appliquant ces principes, j'ai pu sécuriser une réserve correspondant à six mois de mes dépenses, tout en améliorant le rendement moyen de mon épargne par rapport à une solution 100 % livret. À vous d'ajuster la pondération selon votre profil, vos obligations et votre appétence au risque.